La CFDT confirme ses exigences pour une réforme juste !
La CFDT confirme ses exigences pour une réforme juste !
La CFDT a participé à la conférence sur l’emploi des femmes au sein du transport ferroviaire, organisée à Vienne le 28 octobre dernier.
L’égalité entre les femmes et les hommes est le reflet de la force d’une société. Pour préserver cette force, nous devons nous fixer trois priorités : aider les femmes à concilier leur vie personnelle et leur vie professionnelle, permettre aux femmes de mieux vivre de leur travail et lutter plus efficacement contre le harcèlement et les violences faites aux femmes.
La CFDT se place au cœur des actions, réflexions et négociations sur ce sujet. Elle défend avant tout des valeurs d’équité de traitement entre les femmes et les hommes, dans les entreprises et au-delà. En 2018, les femmes représentaient 20,4 % de l’effectif SNCF, dont 6,6 % à la traction, 10,1 % à la surveillance générale et 12,7 % à la circulation. Les femmes ont représenté 19 % des recrutements dans notre entreprise. Ces chiffres démontrent la difficulté à recruter des femmes sur des métiers techniques. Nous constatons souvent des écarts de rémunération en faveur des hommes, des promotions en régression pour les femmes et bien d’autres points sur lesquels des axes de progrès importants doivent être réalisés par l’entreprise. Encore trop de disparités existent et elles se font sentir dès le recrutement, même si la volonté de féminiser certains métiers est présente. Si la SNCF – première entreprise ferroviaire française – est engagée dans une démarche d’égalité femmes-hommes dans les parcours professionnels, le chemin reste long et difficile. La CFDT œuvre pour faire évoluer les mentalités et lutter contre les stéréotypes. La CFDT est engagée dans la défense des droits des femmes, notamment contre toute forme de discrimination qui pourrait avoir un impact psychologique ou physique.
À la SNCF, les femmes sont plus représentées dans les métiers des ressources humaines, les métiers commerciaux et les métiers de la santé ou sociaux.
Il est de notre devoir de faire changer les mentalités dans tous les domaines, tous les milieux, au travers de toutes les générations. Pour la CFDT, poursuivre les actions en faveur de l’égalité professionnelle reste une priorité ; son implication tant au niveau national qu’au-delà des frontières donne le ton d’une politique toujours plus encline à privilégier la mixité et à lutter contre toutes formes de différences.
Dans quelques jours, votre mandat de président du Groupe public ferroviaire débutera. Son entame se fera dans un contexte d’urgence sociale.
Les tensions sont extrêmement fortes. Elles sont le résultat d’une relation dégradée entre la direction et les cheminots, qui a engendré de profondes ruptures et une grande défiance.
La reconstruction passera nécessairement par un inventaire. Il n’y a pas de doutes sur le fait qu’il fera apparaître les effets délétères de la perte de proximité. L’embrasement de ces derniers jours en est la conséquence directe.
Cet inventaire mettra également en lumière les effets des incessantes réorganisations et du discours qui les accompagne. Leur cause et leur motif sont toujours les mêmes : l’urgence à réformer sans pour autant chercher à donner du sens ni prouver l’efficacité de ce qui est mis en place. Cela conduit à une perte de confiance dans l’entreprise.
L’exemple le plus criant de ces choix aux conséquences calamiteuses demeure la gestion par activités. Sous couvert d’hyperspécialisation et de conception en « business » propre à chaque activité, ce sont des pans entiers de mutualisation, de souplesse d’organisation, de création de compétences et plus généralement de vision du système qui se sont écroulés.
Depuis des mois, la CFDT Cheminots ne cesse d’interpeller direction et pouvoirs publics. La déconstruction des droits des salariés et des processus métier, les changements d’organisation permanents accompagnés d’une pression toujours accrue sur les effectifs, le dialogue social qui n’a encore produit aucune solution malgré les nombreuses propositions que la CFDT a formulées très régulièrement sont les ferments d’un « ras-le-bol » généralisé.
Monsieur Farandou, vous avez relevé ce sujet lors de vos auditions au parlement. Vous avez souligné le fait que vous êtes « un enfant du service public », un cheminot « première langue ». Vous savez l’attachement des cheminots à leurs métiers et le service qu’ils entendent rendre au public dans des conditions optimales de sécurité. Vous comprenez donc combien ces évolutions ont pu toucher négativement l’activité ferroviaire, la prise en charge et le service proposé aux voyageurs en affaiblissant les fondamentaux de la production ferroviaire pourtant tenus par les cheminots au quotidien.
L’accident survenu le 16 octobre dernier et le mouvement social qui s’en est suivi illustrent parfaitement les effets d’une remise en cause de ces fondamentaux que sont la sécurité et la sûreté des voyageurs. Les réponses formulées en réunion de concertation ne sont pas de nature à résoudre les problèmes.
En effet, à considérer la sécurité comme une stricte affaire de procédures, de probabilité et de récurrence, on en oublie totalement celles et ceux grâce auxquels la sécurité de tous est assurée au quotidien.
La direction a balayé ces demandes de bon sens et de construction. C’est une décision lourde de conséquences dans un climat social déjà explosif.
Cela dénote une conception de la démocratie sociale et un fonctionnement de l’entreprise que nous ne partageons pas. La CFDT considère que le devenir collectif ne peut se résumer aux choix de « ceux qui pensent savoir » et décident de rester sourds aux expressions de ceux qui font.
Les propositions formulées par la CFDT s’appuient sur le réel et sur les remontées des agents qui réalisent le service au quotidien. La demande d’accompagnement des trains en EAS par un agent dûment formé et compétent s’inscrit dans une acception sociale largement partagée et qui va au-delà des cheminots : un sondage récent indiquait que 80 % des personnes interrogées réclament la présence d’au moins un contrôleur dans chaque TER. Le réel, toujours, guide la CFDT ! C’est sur cette base que nous avons déclenché l’opération Chono’Gares.
Il en ressort que les voyageurs veulent plus de guichets ouverts et vivent comme un véritable sentiment de relégation sociale les fermetures de gares.
Ils ont raison : comment justifier ces choix quand, par ailleurs, l’entreprise connaît une croissance de plus de 7 %, mais atrophie à ce point son réseau de distribution ? Les Français, qui ont connu dans certaines zones les disparitions successives de plusieurs services publics de proximité, restent très attachés à leur gare et au lien social qu’elle représente. Cette question est d’autant plus essentielle au moment où près d’un quart de nos concitoyens est frappé d’illectronisme. La mise en œuvre des solutions digitales doit intégrer ces réalités et ne peut se résumer à une marche forcée. La CFDT n’admet pas qu’une partie importante de nos concitoyens puisse être oubliée par ces transformations, au détriment du principe d’égal accès de tous aux services publics.
Monsieur le président, il est impératif que la crise que connaît la SNCF soit surmontée, dans le respect des voyageurs et des cheminots. Pour cela, il faut aller au fond des choses et apporter de manière urgente des réponses aux cheminots.
Les cheminots sont en attente de réponses immédiates et de perspectives claires. Une nouvelle donne sociale doit être construite et proposée aux cheminots dans les plus brefs délais, sous peine de voir la conflictualité s’embraser.
Monsieur le président, d’ici quelques jours, vous serez le premier des cheminots, vous avez le pouvoir et le devoir d’apaiser les cheminots dans cette période charnière que connaît la SNCF. Les cheminots ne sont pas opposés à l’évolution de leur entreprise, ils veulent en être les acteurs ! Cela implique de partager certains constats et de construire avec eux les solutions.
Si elle n’agit pas de la sorte, la SNCF risque non seulement de continuer à être malade de son malaise social, mais aussi de se priver d’une intelligence et d’une force collective qui sont les clés de sa réussite.