cfdt cheminots e-tracts

NOS TRACTS

LE POINT SUR LES GARANTIES OBTENUES PAR LA CFDT

par | 14/06/18 | E-Tracts

Réforme ferroviaire

Moment crucial pour un mouvement social historique

En supprimant les embauches au statut Ă  partir du 1er janvier 2020, le gouvernement a fait le choix de remettre en cause l’équilibre social historique liĂ© Ă  l’engagement des cheminots au service public ferroviaire français depuis 100 ans. Le processus parlementaire achevĂ© ne signifie pas que tout est d’ores et dĂ©jĂ  Ă©crit. Un nouveau modĂšle social est Ă  construire au niveau de la branche ferroviaire et du Groupe SNCF. DĂ©cryptage.

Processus législatif : quelles avancées ?

Le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire a Ă©tĂ© examinĂ© par la Commission mixte paritaire, composĂ©e de sept dĂ©putĂ©s et de sept sĂ©nateurs, qui ont adoptĂ© une version commune du texte, confortant la loi remaniĂ©e par le SĂ©nat. Le temps parlementaire est arrivĂ© Ă  son terme cette semaine avec le vote de la loi Ă  l’AssemblĂ©e nationale et au SĂ©nat. À l’issue de ces votes, le processus lĂ©gislatif est achevĂ©. La loi sera complĂ©tĂ©e par des ordonnances et des dĂ©crets supplĂ©tifs.

Face Ă  un gouvernement qui avait dĂ©cidĂ© de rĂ©former la SNCF par ordonnances dans un dĂ©lai extrĂȘmement contraint et une direction SNCF revancharde, les cheminots n’ont eu d’autre choix que de se faire entendre pour faire bouger les lignes. La stratĂ©gie de la CFDT, associant propositions et mobilisation, a permis d’intĂ©grer dans la loi un nombre important de propositions d’amendements. Bien qu’insuffisantes, ces avancĂ©es sont clairement Ă  porter au crĂ©dit de la mobilisation de tous les agents dans ce conflit social.

Les garanties obtenues par la CFDT Cheminots

Tableau garantie cfdt cheminots

Table ronde tripartite du 15 juin

La norme sociale posĂ©e par la convention collective nationale du ferroviaire nĂ©cessite un engagement fort de la part du patronat et de l’État. La CFDT Cheminots revendique qu’un protocole d’intention tripartite soit Ă©tabli entre l’État, le patronat et les organisations syndicales, permettant de cadrer les enjeux et les thĂšmes de la nĂ©gociation de branche. À la demande de la CFDT, le Premier ministre a acceptĂ© le principe de cette table ronde le 25 mai dernier.

Le contenu de ce protocole d’intention sera au centre des Ă©changes durant cette table ronde tripartite. Ce protocole devra responsabiliser l’organisation patronale et contenir des engagements concernant certains droits qui seront inscrits dans la convention collective nationale (CCN). La CFDT veut doter les cheminots d’un systĂšme de classification des emplois juste et Ă©quitable, associĂ© Ă  des rĂ©munĂ©rations minimales de branche, attractives et valorisantes. La CFDT revendique que ce volet de la CCN comporte des droits nouveaux, dont un 13e mois conventionnel, la prise en compte de l’anciennetĂ© au sein de la branche et une juste rĂ©munĂ©ration du travail le dimanche et les jours fĂ©riĂ©s.

Santé & prévoyance

La CCN devra intĂ©grer des droits nouveaux en matiĂšre de prĂ©voyance, afin que les cheminots de la branche puissent bĂ©nĂ©ficier d’une protection sociale de haut niveau qui se dĂ©cline en deux volets :

  1. une caisse d’assurance maladie et un rĂ©gime de branche portĂ© par la Caisse de prĂ©voyance et de retraite du personnel de la SNCF (CPRP) ;
  2. un rĂ©gime complĂ©mentaire obligatoire pour la prĂ©voyance et la santé qui pourrait ĂȘtre couvert dans le respect d’une clause de recommandation issue du paritarisme de branche.

Cette mesure nĂ©cessite de rĂ©nover les missions de la CPR, qui deviendrait la caisse de la branche ferroviaire, ce qui lui assurerait une pĂ©rennitĂ© sur les activitĂ©s de prĂ©voyance et d’assurance maladie. En matiĂšre de prĂ©voyance, la CFDT demande que le futur accord de branche comporte des dispositions spĂ©cifiques permettant de prĂ©munir les cheminots des situations rĂ©sultant de la perte d’une aptitude ou d’une habilitation, indispensable Ă  l’exercice de leurs mĂ©tiers.

Facilités de circulation

La CFDT revendique la mise en place d’un systĂšme universel pour l’ensemble des salariĂ©s, y compris les nouveaux embauchĂ©s, auprĂšs de l’ensemble des opĂ©rateurs.

Action sociale

La CFDT demande que l’UTP s’engage sur la mise en place d’une action sociale de branche permettant d’assurer la portabilitĂ© de diffĂ©rents dispositifs existants au sein de la SNCF :

  • rĂ©seau d’assistantes sociales ;
  • indemnitĂ©s spĂ©cifiques, dont celle de garde en crĂšche ;
  • aides, prĂȘts et caution de l’employeur.

La CFDT souhaite Ă©galement que ce volet relatif Ă  l’action sociale s’accompagne d’une politique d’accĂšs au logement dĂ©finie au niveau de la branche.

SĂ©curisation de l’emploi

La CCN devra comporter un chapitre relatif Ă  la sĂ©curisation de l’emploi et des parcours professionnels. Elle doit permettre Ă  un salariĂ©, dont le poste a Ă©tĂ© supprimĂ© ou le sera Ă  un horizon prĂ©visible, de bĂ©nĂ©ficier d’un dispositif de reclassement dans un poste correspondant Ă  sa qualification au sein de la branche, dans le mĂȘme bassin d’emploi ou Ă  dĂ©faut dans d’autres bassins d’emploi. La CFDT revendique que ce volet de la CCN garantisse aussi le maintien des parcours professionnels pour les cheminots transfĂ©rĂ©s chez un autre opĂ©rateur ayant remportĂ© un marchĂ©. L’inscription dans la CCN d’un tel droit permettra, par exemple, Ă  un conducteur transfĂ©rĂ© dans une autre entreprise ferroviaire d’avoir la garantie de pouvoir rĂ©intĂ©grer la SNCF pour accĂ©der au TGV au moment oĂč son protocole d’accĂšs le prĂ©voira.

Un changement de stratĂ©gie sociale s’impose Ă  la SNCF !

Depuis le dĂ©but de ce conflit social, la direction de la SNCF a tentĂ© de faire croire qu’il n’était pas le sien. Elle a pourtant Ă©tĂ© l’un des principaux instigateurs de cette rĂ©forme et doit Ă  prĂ©sent prendre toutes ses responsabilitĂ©s pour rĂ©soudre une crise de confiance majeure.

Le point d’orgue aura Ă©tĂ© l’interprĂ©tation erronĂ©e de la rĂ©glementation sur les dĂ©comptes des jours de grĂšve. Cette attitude manipulatoire et dĂ©lĂ©tĂšre s’inscrit dans la continuitĂ© d’une politique des budgets impropres Ă  la production, placĂ©s sous le sceau de l’austĂ©ritĂ© et des compressions de personnel. La direction va devoir trĂšs rapidement changer de posture si elle souhaite revenir Ă  des discussions normalisĂ©es et apaisĂ©es. Cette rĂ©solution de crise passe nĂ©cessairement par la construction d’un pacte social d’entreprise de haut niveau, composĂ© de mesures sociales immĂ©diates.

Beaucoup de propositions de la CFDT restent sans réponse

En l’absence de signaux forts, la direction de la SNCF portera l’entiĂšre responsabilitĂ© de la poursuite d’un conflit qui entre dans son troisiĂšme mois !

La CFDT revendique des mesures immĂ©diates pour donner des perspectives d’avenir

  • lancement d’états gĂ©nĂ©raux de la production auprĂšs des cheminots ;
  • mise en place d’une mutuelle avec prise en charge par l’employeur pour les cheminots au statut ;
  • crĂ©ation d’un vĂ©ritable 13e mois pour le personnel roulant ;
  • crĂ©ation d’un 9e Ă©chelon pour les conducteurs et d’un 11e pour les autres cheminots ;
  • intĂ©gration des diffĂ©rentes indemnitĂ©s en indemnitĂ©s liquidables (intĂ©grĂ©es dans le calcul de la pension de retraite) ;
  • revalorisation des comptes pĂ©nibilité 

Je tĂ©lĂ©charge le tableau des garanties que la CFDT a obtenues Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et au SĂ©nat en cliquant ici

NOS AUTRES TRACTS